Programme des visites sur l'HISTOIRE

RUE DE LA DAME DE VENTADOUR

Les Ventadour furent les seigneurs de Meyras de 1490 à 1663. Jacqueline du Mas vécut dans le château pendant que son époux Gilbert I guerroyait en Italie. Sa vie fut étroitement liée à la période faste du château et elle laissa de précieux témoignages comme le portail de l'église et le début d'une inscription latine sur la cloche paroissiale. Son souvenir resta si vivant à Meyras, qu'on ne l'appellera plus que la Dame de Ventadour. De même, le château initialement nommé le Château de Meyras, prendra le nom de château de la Dame de Ventadour, puis château de Ventadour.

LA FETE DE LA SAINT BLAISE

Saint Patron des drapiers, Saint Blaise a, dès le Moyen Âge, laissé son nom à une foire organisée le 3 février. Cette foire durait plusieurs jours au début du siècle ; l'on y vendait alors des bêtes, des peaux de sauvagine, des tissus de laine ou de chanvre, des objets de bois et de paille….Les forains étaient très nombreux : stands de bonbons, tir au pistolet, roue de la fortune, voyantes. Cette foire de la Saint Blaise était considérée comme la fête des amoureux et les usines voisines donnaient un jour de congé à leur jeune personnel. Aujourd'hui, la foire de la Saint Blaise ne dure plus qu'une journée ; elle a lieu désormais, le premier dimanche de février.

LES LAVANDIERES

Jadis, les lavandières faisaient la lessive au bord du lavoir ou du ruisseau. Elles lavaient le linge avec de gros pains de savon puis le plongeaient plusieurs fois dans le lavoir ou le ruisseau pour le rincer. Ensuite, elles le frappaient à l'aide d'un battoir (grosse palette en bois) pour éliminer le savon. Quelquefois, elles faisaient bouillir le linge dans une lessiveuse (bassine haute en fer galvanisé), dans laquelle elles mettaient des cendres. Puis, elles étalaient le linge sur l'herbe afin de le blanchir.

L'ALAMBIC

Autrefois, les bouilleurs ambulants allaient de village en village pour distiller les fameux privilèges (droits de distiller accordés sous Napoléon aux familles possédant des vergers). Les bouilleurs restaient plusieurs jours dans chaque village et distillaient les fruits des bouilleurs de cru (ceux qui avaient les privilèges). Les privilèges se transmettaient de père en fils jusqu'en 1957. Depuis, ils ne se transmettent qu'entre époux et s'éteint au décès du dernier conjoint. La distillation représentait un véritable spectacle et attirait une grande partie de la population locale. Elle représentait la gaieté : on partageait volontiers un morceau de pain, de fromage, de saucisson et de saucisses cuites aux vapeurs de l'alcool autour d'un verre de vin ou d'eau de vie. Le bouilleurs ambulant mettait dans l'alambic des fruits (marc de raisin, prune ou poire) que lui apportaient les bouilleurs de cru ; il en sortait l'eau de vie, appelée 'gnôle'. Dans nos villages, la gnôle était le verre que l'on offrait aux voisins et amis, dans la cuisine, au coin du feu, en gage d'amitié.

LES MULETIERS

Jusqu'au milieu du 19ème siècle, le transport des marchandises, la messagerie, la poste, étaient assurés par les muletiers. La venue des muletiers était synonyme de fête et apportait une grande joie dans le village. On accourait de toute part pour venir à la rencontre du convoi, appelé 'couble'. La 'couble' se composait du 'veigi', le plus fort, le plus fier et le plus intelligent des mulets qui ouvrait la marche. C'était également le plus somptueusement harnaché : il portait la 'cayrade' (gros grelot). Ensuite, venait 'le roulet' qui portait le 'grelot'. Le maître muletier fermait la marche sur le 'cheval de barde'. Chaque mulet avait un nom et portait des plaques de cuivre bien astiquées, gravées de proverbes, devises ou armes. Très élégants, vêtus de cadis, portant des anneaux d'or auxquels pendaient des fers à mulet en or également, les maîtres muletiers venaient, sous l'arbitrage d'un courtier, acheter le vin aux habitants de Meyras. Une fois les 'paches' conclues, la journée s'achevait par un festin. On chantait et dansait. Puis, la soirée se terminait par la distribution de petits cadeaux offerts par les muletiers. A l'aube, avant le départ de la 'couble', le vigneron décorait d'une branche de laurier la tête de 'vieigi', ce qui, symboliquement, le protégeait contre les périls du chemin.

RUE GRANDE

Cette rue témoigne du passé moyenâgeux du village. De nombreuses maisons sont construites en pierres de taille ; on peut y admirer des fenêtres à meneaux, des frontons décorés et des portes en ogive. En cours d'aménagement, cette rue sera prochainement pavée.

IMPASSE DU TEMPLE

Le Vivarais a embrassé très tôt la doctrine de Calvin. En 1562, le consistoire protestant demandait à Calvin un pasteur pour Meyras car beaucoup de protestants se rendaient dans cette bourgade, du fait de sa situation géographique, haut lieu de passage. En 1570, le culte protestant est autorisé mais ce n'est qu'en 1576 que Meyras sera doté d'un temple et d'un pasteur. Deux pasteurs exerceront leur ministère : Jacques Raillet et Jean Imbert. Ce dernier exerça jusqu'en 1623. Durant ce ministère, Les Langlade, procureurs des Ventadour, feront de Meyras un fief protestant. C'est en 1685, que la révocation de l'Edit de Nantes entraînera l'interdiction du protestantisme

RUE DE LA CROISETTE

Au 12ème siècle, Meyras comptait trois châteaux : Ventadour, Hautségure et la Croisette. Le 26 décembre 1623, les catholiques organisèrent une procession en l'honneur de Saint Etienne, patron de Meyras. Ayant été insultés par les protestants lors de leur passage devant le château de la Croisette, les catholiques s'y rendirent à la sortie de la messe et le rasèrent jusqu'aux fondations. Les propriétaires du château, Les Langlade, rebâtirent une maison dans le bourg de Meyras et remirent le linteau au dessus du portail de style Louis XIII, sur lequel on peut lire : 'En toi Seigneur, j'espère que jamais je ne sois confondu. Jean de Langlade 1598. Je te confie ma vie et mon bien'.

RUE DE LA VIGUERIE

A l'époque gallo-romaine, l'Ardèche se nommait province d'Helvie. Ses limites étaient sensiblement différentes de celles du département actuel (le terme département n'apparaîtra qu'en 1790, à la révolution). Plus tard, sous les Carolingiens, on institue un nouveau découpage de la France : les pays sont subdivisés en vigueries. Chaque viguerie est administrée par un viguier ou vicarus. La Province d'Helvie devient alors le pays du Vivarais. Au 10ème siècle, le pays sera remplacé par le comté et le viguier qui était jusqu'alors simple fonctionnaire, deviendra Seigneur. Parmi les cinq vigueries, celle de Meyras sera, par sa siutation sur l'axe de passage reliant la vallée du Rhône au Puy, la plus importante.

VILLAGE DE CARACTERE

Initiée par le Conseil Général de l'Ardèche, la démarche 'village de caractère' permet la valorisation du patrimoine communal pour les communes qui adhérent à cette action. La commune de Meyras est inscrite dans ce programme. De nombreux aménagements du village sont programmés fin 2003, début 2004 : une déviation de contournement du chef-lieu permettra d'aménager la rue grande du village, avec un revêtement en pavés sur le sol, des scènes peintes en trompe l'œil sur les façades, sur le thème de Meyras dans les années 20, la signalétique du village…

EGLISE ROMANE SAINT ETIENNE

L'église dont le clocher date du 12 ème siècle, porte le nom du Saint patron de Meyras, Saint-Etienne, patron de la Hongrie, de la Pologne et des maçons. Jacqueline du Mas, dite la Dame de Ventadour, épouse de Gilbert 1er de Lévis, comte de Ventadour, a laissé à la fin du 15ème siècle, quelques précieux témoignages dont le portail de l'église et le début de l'inscription latine de la cloche paroissiale. Le portail en vaugnérite (granit composé de quartz et de lames de mica divergentes et miroitantes en tous sens) fait preuve d'une certaine finesse dans sa décoration. L'on voit serpenter dans les archivoltes, les emblèmes de la famille de la Dame de Ventadour. La cloche paroissiale a été, quant à elle, plusieurs fois brisée et refondue. L'inscription qu'elle porte en est le témoignage et se traduit ainsi : 'alors que j'avais été créée pour honorer Dieu et commémorer la libération de la patrie en l'an du Seigneur 1499, brisée par la méchanceté et l'hérésie calviniste en 1603 et ensuite aux années 1736 et 1743, j'ai été restaurée à l'honneur de Dieu et de la Bienheureuse Marie'.

LE CHATEAU DE HAUTSEGURE

Ce château privé domine le hameau du Barutel et la rivière Ardèche. Pendant de nombreuses années, sa situation géographique en fit un petit poste de guet ; pendant les guerres de religion, il fut détruit. Puis, d'une certaine influence sous la Renaissance, il fut reconstruit. De cette époque, il a gardé des cheminées à colonnes détachées, des accolades, des échauguettes, des voûtes à clé et des meneaux. Sa construction repose sur plusieurs hypothèses : la première, sa construction daterait de la fin du 16ème siècle car la clé de voûtes donnant sur les caves porte les dates du 13/12/1597 et du 20/08/1598. La deuxième hypothèse, peu vraisemblable, porte sur une pierre, la date du de 1126. On suppose que cette pierre datée provient d'une autre bâtisse. Une autre inscription a pu être trouvée : Si ce n'est au nom du Seigneur qu'a été bâtie cette maison, en vain on travaillé ceux qui l'ont édifiée'.

LE CHATEAU DE VENTADOUR

Les premiers documents connus indiquent que la construction du château date de la fin du 12ème siècle. Situé à 373 mètres d'altitude, le château domine de 80 mètres le confluent des vallées de l'Ardèche et de la Fontaulière. Il occupe une position stratégique en contrôlant l'un des grands axes de passage entre la vallée du Rhône et le Puy. Autrefois, ce contrôle s'étendait aussi à la vallée du Lignon et de l'Ardèche. Les deux tours à pigeons avaient un rôle de guet et servaient également pour l'élevage de pigeons ; selon une légende, il y avait un souterrain entre le château et l'église de Niègles qui permettait de se rendre sans danger d'un point à l'autre sans se faire attaquer. Le château, en plus de son rôle défensif, avait certainement une fonction administrative. Il existait un passage entre le bourg de Meyras et le château, que des fouilles ont permis de découvrir en 1971. Jusqu'à la révolution le château s'appelait 'château de Meyras'. Le nom de Ventadour est beaucoup plus récent. Il apparaît après la révolution et son origine vient de la famille sans doute la plus puissante à qui le château ait appartenu : Les Ventadour, ducs et pairs de France, probablement les derniers propriétaires du château à y avoir résidé. En 1846, Sosthène de Chanaleilles rachète toutes les parcelles et fait faire quelques travaux. Puis, les Marcieu héritent du château mais vendent les terres, ne gardant que les ruines. C'est en 1968 que Pierre POTTIER, rachète les ruines et fonde l'association 'Association de Sauvegarde et de Mise en Valeur du Château de Ventadour'. Depuis 1968, des bénévoles participent à la restauration du château. Il peut désormais être visité.