Programme des visites sur le FEU

ARRET SUR LA ROUTE DE MEYRAS

D'ici, nous avons un point de vue intéressant sur le volcan du Souilhol et sur le Maar Doris.
Du Souilhol, partent deux coulées :

- l'une comblant le Lignon et repose sur la coulée du Ray Pic dans l'Ardèche.

- l'autre, par deux branches descend directement sur l'Ardèche à la hauteur de Neyrac. Cette superposition de deux coulées se fait par l'intermédiaire d'une mince couche d'alluvions sableux.

De plus, la coulée du Ray Pic est recouverte par celle de la Gravenne de Montpezat et celle-ci l'est à son tour par les laves du Souilhol.

CARACTERISTIQUES DU VOLCAN STROMBOLIEN

Le volcan strombolien fait partie des volcans les plus spectaculaires. Il se manifeste par une éruption de lave liquide. Si la lave est liquide, ceci s'explique car sa température est élevée, de l'ordre de 1 200 ° C et sa teneur en silice est relativement faible ( moins de 53 %). Etant donné que la lave est riche en gaz (CO2 + vapeur d'eau), cela va provoquer des projections de laves ou scories autour de la bouche du volcan. Ces scories vont s'agglomérer pour former un cône d'une roche tendre et bulleuse : la pouzzolane. Une fois, la lave dégazée, elle s'écoule du cratère ou au flanc du cône. La coulée en refroidissant forme une roche noire et lourde : le basalte. Parfois, on observe même des bombes volcaniques qui sont des gros paquets de lave visqueuse éjectée et refroidie en tournoyant dans les airs avant de tomber sur le sol.

CARACTERISTIQUES DU VOLCAN PELEEN

Contrairement au volcan strombolien, ce type de volcan se caractérise par une température de lave moins élevée mais tout de même de 900 ° C et une teneur en silice plus importante (65%). Ainsi, la lave est plus visqueuse. Il s'agit ici d'une boule pâteuse se formant dans le cratère et qui se refroidit sur place. Lorsque la boule devient trop haute, elle finit par s'effondrer. Il n'y a pas de trace d'explosion violente, il y a deux hypothèses à cela : - soit le magma est pauvre en gaz. - soit les gaz se seraient échappés par des fissures du dôme. Une fois refroidie, cette lave pâteuse forme une roche, la phonolite. Elle sonne comme du verre lorsqu'on la tape. Celle-ci est utilisée sur le plateau ardéchois pour faire des lauzes qui serviront à couvrir les toits des maisons sur le plateau Ardèchois.

CARACTERISTIQUES DU MAAR DORIS

Ce type de volcan se manifeste par la rencontre d'un magma très chaud, de l'ordre de 1200°C et d'eau contenue dans le sous-sol. Cette rencontre produit une quantité de vapeur qui ne pouvant s'échapper, entraîne une augmentation de la pression et produit une première explosion qui forme un petit trou puis l'eau et le magma se rencontrent à nouveau et se produit une seconde explosion… Ceci s'appelle dans le vocabulaire de la géologie, une explosion phréato-magmatique.

La roche va être éjectée à la périphérie. Les débris rocheux mélangés au magma sont propulsés dans l'atmosphère à plusieurs kms d'altitude.
Il y a deux types de particules :

- les particules plus lourdes comme les blocs, le gravier et le sable, retombent le long de la colonne montante et se répandent ensuite en nuées qui se déplacent horizontalement à plus de 500 km/h, ravageant tout sur leur passage.

- les particules plus fines montent parfois dans les couches les plus hautes de l'atmosphère, sans toutefois se satelliser (comme on peut l'entendre ou le lire).

Après l'explosion, les parois verticales de la cheminée d'explosion s'effondrent et rebouchent partiellement le trou. Une partie des débris éjectés participe aussi au comblement du trou.

Au cours des millénaires, on obtient deux cas de figure :

- soit le trou se remplit d'eau et donne un lac comme le lac d'Issarlès.

- soit le trou se remplit d'eau mais pas complètement et on a une tourbière qui va se remplir progressivement de terre et donner une nacre qui est une dépression marécageuse ou une nappe gorgée d'eau.

Sur le site thermal de Neyrac, les produits d'origine phréatomagmatique sont bien présents à la périphérie de la cuvette qui souligne le site de la station thermale (à gauche de la route en arrivant à l'entrée du site et derrière l'établissement thermal).

LA CIMENTATION DES ALLUVIONS

Contrairement à la Basse Ardèche, Meyras n'est pas dans une région de roches calcaires. On peut constater que les alluvions sont en avant par rapport au basalte. C'est finalement le phénomène inverse des affouillements sous basaltiques. Si les alluvions ont été cimentées, ceci s'explique par la formation de calcaire. En effet, la combinaison de gaz carbonique émis en grande quantité au niveau du Maar Doris et de l'oxyde de calcium libéré par l'altération des minéraux du volcanisme (contenant du calcium) conduit à la formation de tufs calcaires ou travertins. Ceci est donc une particularité de la région. Il faut savoir que toute source fortement minéralisée peut constituer d'importants encroûtements calcaires, qui sont ces fameux tufs calcaires. Ces dépôts sont liés au dégagement de gaz carbonique. A la longue, ils forment de véritables collines et c'est le cas à Neyrac où, les travertins incrustants ont cimenté les alluvions de la rivière constituant ainsi une sorte de béton que l'on pourrait confondre avec celui du Pont de Neyrac. Ce conglomérat a une épaisseur de 15-20 mètres et est recouvert par 5 mètres de travertin pur. Ces dépôts forment une terrasse de 140 mètres sur 300 mètres (de l'hôtel du Levant jusqu'à la rivière). Le minéral qui constitue le travertin est de la calcite.

AFFOUILLEMENTS SOUS BASALTIQUES

Ici, l'érosion est visible. Lors des crues, l'eau a transporté des alluvions sur lesquels se sont appuyées les coulées basaltiques. On peut voir que les alluvions sont en retrait par rapport à la coulée. Il y a donc un risque d'effondrement de la vraie colonnade. la coulée se décompose comme suit : La base est composée de prismes ou de la vraie colonnade ou encore d'orgues basaltiques qui reposent sur les alluvions et les scories qui elles disparaîtront au cours des crues. Les prismes ont une forme régulière et hexagonale car le basalte est refroidi par la roche qui se situe dessous. Ceci s'explique par le fait que l'évacuation de la chaleur s'effectue par la roche et comme toutes les roches conduisent mal la chaleur, les prismes refroidissent lentement et obtiennent cette forme régulière. Par contre, la partie supérieure appelée fausse colonnade a une forme beaucoup plus anarchique car elle est refroidie par l'air et se refroidit plus rapidement. On peut voir dans l'eau des émanations de bulles de gaz carbonique provenant du Maar Doris.

LA MOFETTE

Il faut tout d'abord prendre conscience de la rareté d'une mofette. En effet, il en existe seulement deux autres en Europe, la grotte du chien de Pouzzoles près de Naples et la grotte de Royat. A cela, il faut en ajouter deux autres non couvertes à Java et dans le Parc Naturel de Yellowstone aux EU.

Avant, il y avait plusieurs mofettes à Neyrac mais aujourd'hui il n'y en a plus qu'une. La mofette est le lieu où le gaz carbonique arrive en surface sans rencontrer d'eau et se libère dans l'air.

La mofette de Neyrac a été considérablement agrandie et se situe à 1m50 au-dessous de la route; elle a été dernièrement aménagée.
Cette mofette est la seule à avoir été voûtée à sa construction.

Il faut savoir que jadis, la mofette impressionnait les gens qui la qualifiaient de " chemin de la mort ". Les gros animaux s'en éloignaient et les petits animaux s'y intoxiquaient. Il n'était pas rare de trouver des oiseaux morts devant la porte.
 


Quelques légendes ...

LA LEGENDE DU TROU MAUDIT :

" Un riche seigneur du voisinage avait un fils unique dont la mère était morte en lui donnant le jour. Ce garçon joueur et débauché avait un incessant besoin d'argent et un jour que son père refusait de subvenir plus longtemps à ses besoins, il osa lever la main sur lui. La haine du fils pour son père alla croissant et le misérable méditait froidement la mort de l'auteur de ses jours. Le père ayant deviné ses funestes desseins se méfiait, alors le fils changea complètement d'attitude et adopta celle de l'enfant repenti et aimant. Une nuit, le père ayant renvoyé ses domestiques resta seul avec le jeune homme. Celui-ci profita de son sommeil pour le poignarder.
Il porta le cadavre dans un fossé qu'il avait préparé dans une grotte, à l'entrée de laquelle coulait une claire fontaine.
Il venait d'ensevelir la dépouille lorsqu'une voix lui cria " maudit soit le parricide ! ".
La terre se mit à trembler, le sol s'entrouvrit et l'assassin disparut à son tour dans les profondeurs de la terre.
La caverne avec sa claire fontaine fit place à ce trou fétide d'où s'échappent tant d'émanations mortelles ".

FAUJAS DE SAINT FOND

" J'ai entendu raconter que nulle espèce de plantes ne pouvait croître dans les environs de ces puits, que tous les oiseaux et tous les reptiles qui s'en approchaient, étaient frappés à mort. Il paraît même que des moutons et parfois des bœufs qui étaient venus flairer ces ouvertures de trop près, étaient morts subitement ".

Ceci est excessif et ridicule notamment pour les bœufs. Cependant en ce qui concerne l'asphyxie des petits animaux, tout est bien réel.


ALFRED CHAUVIN

" Un chien du village me connaissant, me suivait quand j'étais à Neyrac. Un jour, j'allais entrer dans la mofette et le chien resta à 7 mètres de l'entrée. J'appelais le chien pour qu'il me suive mais il refusa d'avancer, puis s'agitant, il finit par s'approcher mais se retourna vivement. Il éternua, se roula longuement sur le sol.
Quelques jours plus tard, repassant devant la mofette et m'en approchant, je sentis le chien me tirer de toutes ses forces pour m'éloigner de la mofette. Le chien avait gardé le souvenir du gaz carbonique… ".


Avant la mofette était constamment inondée, aussi, on pouvait y voir des bulles de gaz carbonique (comme au bord de la rivière).
Au Moyen Age, on y soignait les lépreux. On les mettait dans une baignoire jumelée en bois de châtaignier.
Durant la période de non-exploitation, les paysans venaient y désinfecter leur matelas, leur sommier…, c'était l'anti-mites, l'anti-punaises de l'époque. Les propriétaires du grand hôtel de Neyrac venaient asphyxier les volailles qu'ils servaient ensuite à leurs clients.

LE VOLCAN DU SOUILHOL

Ce volcan de type strombolien forme avec le Maar Doris, la Gravenne de Thueyts et de Montpezat, une sorte d'alignement qui correspond aux vieilles fractures hercyniennes qui ont plus de 300 millions d'années.
Ces vielles fractures correspondent à des zones de faiblesse par lesquelles est monté le magma.
Ce volcan est très dégradé par l'érosion naturelle car il se situe sur un éperon de roches cristallines qui séparent les vallées de l'Ardèche et du Lignon.

Deux coulées ont été émises de ce volcan :

- une, étalée dans la vallée de l'Ardèche sur 1.3 km.

- la seconde, étalée sur la vallée du Lignon où elle a barré la coulée de Jaujac, puis celle de l'Ardèche jusqu'à Pont de Labeaume où elle repose sur celle du Ray Pic.

Lors de l'ascension de ce volcan, on peut rencontrer deux bombes basaltiques. La première atteint près de 1 mètre de long, elle a une surface dite en " croûte de pain ". Sa couleur rougeâtre s'explique par la présence de fer dans le basalte.
La seconde est une bombe basaltique " fuselée " qui est la plus grosse d'Ardèche (7 à 10 tonnes).
Il faut savoir que certaines bombes prélevées au sommet du Souilhol, contiennent encore du gaz carbonique et des traces d'eau d'origine juvénile. Quand on casse certaines bombes, on peut voir apparaître une trace d'humidité sur la paroi des cavités, suivi d'une vaporisation instantanée. On les qualifie de " basaltes qui pleurent ".

Au sommet : vue sur la gravenne de Thueyts et la carrière de pouzzolane. La pouzzolane se caractérise par des morceaux de basalte liquide qui sont éjectés lors de l'éruption et qui vont retomber au sol sans avoir eu le temps de se dégazer, c'est pourquoi ils sont pleins de petits trous.
Son utilité est multiple : isolation thermique, phonique, parpaings, culture hors sol, lutte contre le gel…

La coupe de Jaujac malgré la végétation qui la recouvre. On a une forme parfaite de cratère avec des conifères sur les côtés et les châtaigniers dans le cratère.

Egalement une vue sur le village de Meyras, le Château de Ventadour, l'église de Niegles, la coulée basaltique du Lignon et de Pont de Labeaume.